C) NOS PELERINS

Aujourd’hui, le couple est prêt à aller acheter du carburant pour préparer le voyage à Angers demain et voir la sœur de Pierrot à une chorale, mais surtout, l’entendre. Ce matin, ils ont aperçu un chat noir taquiner le leur, Bi-joues. Rien de grave, Bi-joues est lui-même taquin et cela ne vaut pas le coup de s’énerver, juste un petit coup d’accélérateur en partant à la pompe pour éloigner l’animal.

Arrivés à la station pour ajouter les 3/8 du plein qui manquent, le réservoir semble déjà rempli : Pierre réalise qu’il a bien un bidon vide noir et opaque en plastique, mot anglais « jerrycan », acheté en Belgique (c’est bien l’Europe) dans son coffre, pour lui ou un autre, sur le trajet.

Il n’a réussi à prendre qu’un litre à la pompe, ce qui fait environ 1,56 € (dix francs). Pierre a l’obligation de prendre un minimum de cinq litres pour ne pas se faire filmer par les caméras en train de partir, même si la carte bleue va payer.

Alors, vite, le jerrycan est rempli de cette quantité de liquide d’or, plutôt vert que rouge ou noir !

Ne comprenant pas pourquoi la jauge (électronique) ne fonctionne pas ─ c’est vrai que ses voyants clignotants sur le tableau de bord ont fait des signaux verts simultanés inhabituels, car ils se sont allumés un court instant juste quand Pierre et Christelle sont descendus à la pompe ─, ils sont rentrés réfléchir en pleine soirée.

Il fallait vérifier sur soixante kilomètres si la jauge descendrait, car avec cinq barrettes de niveau sur les huit possibles, ils avaient normalement la place dans le réservoir pour quinze litres sur un plein de quarante. 

Avant de partir le soir pour le spectacle, ils ont fait quarante-cinq kilomètres. Consommant peut-être six litres et demi aux cent kilomètres, au pire, au bout de soixante-dix à quatre-vingt-cinq kilomètres, une barrette du niveau devra disparaître, surtout qu’ils ont laissé le moteur tourner en lisant la notice pour connaître la contenance du réservoir et combien une barrette représente de litres (5 ?). Donc, quand ils arriveront à la chorale de la sœur de Pierrot, les quatre-vingt-dix kilomètres seront dépassés, ils en sauront plus.

Espérons-le, grâce aux secousses imposées à un flotteur, le niveau, réel et affiché, devrait descendre (ou monter). 

Qu’à cela ne tienne, la voiture ira au garage après ce trajet pour Angers, pour resserrer le frein à main, changer le liquide de frein, les filtres à essence et à huile en même temps que le contrôle de la jauge sera fait.

 

Pierrot se dit en repensant à la chatte noire que cela doit être Linou, qui a « fugué » il y a deux ans, qui revient au bercail, mais la place, hélas, est prise par Bi-joues et elle, elle a senti le danger pour ses anciens maîtres. Car il faut le savoir, les chats sont très utiles (comme les chiens) pour avertir des dangers. S’il y a une superstition à avoir, c’est bien que les chats noirs sont plus intelligents et plus sensibles, ils ressentent tout. Pour ceux qui ne le comprennent pas, disons « qu’à quelque chose “malheur” est bon ». Restons positifs, que diable…

 

Pierre, Christelle, mamie et Sissi sont bientôt prêts pour le trajet. Reste à charger le GPS, une carte, l’appareil photo… et les e-cigarettes de Pierrot. Bi-joues le regarde, ils se font un clin d’œil.

En attendant ces dames ─ car mamie vient d’elle-même les rejoindre du Nord à vingt-huit kilomètres de là, avec sa plus petite voiture ─, Pierre travaille sur le site de papi.

Celui-ci est bien référencé, en témoigne cette trace Wooran.

 

 

Papi est un amuseur, j’en veux pour preuve les cartes postales qu’il présente (entre autres) sur son site de jouets et objets amusants et insolites, en page d’accueil. Pierrot, lui, au bénéfice de son père, aime le faire connaître de façon internationale. C’est sa manière de voyager hors Europe et Afrique, qu’il connaît un peu.