Chapitre II : L’approche des fêtes

A) L’APPROCHE DES FETES

 

Bi-joues a grandi, il est temps de faire les préparatifs de Noël.

Mamie est un peu rapide dans ses gestes. Elle chouchoute toujours son beau-fils et sa famille et leur a préparé des crêpes. On n’est que le 14 décembre et ils partent le soir lui apporter le cadeau pour bien le mettre en place avant que ses mains rapides cassent l’objet précieux.

Papi, décédé dans l’année, lui revient à l’esprit quand elle voit l’objet : elle en rit de bon cœur, c’est vrai que comme Churchill, il buvait son whisky le soir et était encore le lendemain un bon vivant. Un plus jeune journaliste lui aurait dit par maladresse : 

« À votre âge, je boirais comme vous, je serais heureux d’être encore vivant. »

Il aurait bien répondu :

« Quand j’aurai votre âge, je serai heureux de ne pas vous savoir de ce monde et vous ne pourrez le constater ! »

 

Mamie ne comprenait pas trop, au début de leur mariage, pourquoi papi collectionnait les joujoux, mais cet objet (un éléphant rose) lui a rappelé son humour. Elle a servi après un clafouti à nos amis, fait avec les restes de la pâte à crêpe ─ crêpes qu’ils ont mangées ─, puis ils ont alors réparé les angelots tournants et sonores de mamie, qui fonctionnent uniquement à la chaleur des bougies. La maman Davière de Pierre, malgré sa surdité, entendait quand même le doux son des clochettes des angelots.