Lots, jouets XXème S. (suite)

Pierrot : un colosse aux pieds d’argile

L’être sensible et courageux

Pierrot, émotif colosse aux pieds d’argile, prend des médicaments qui le rendent moins sensible, moins imaginatif aussi.

Dernièrement, j’ai vu comment, s’attendant à voir une petite vidéo d’un enfant de dix ans jouant avec une chèvre, vidéos et petits clips d’enfants et d’animaux qu’il affectionne plus particulièrement, il est tombé sur l’étreinte de ce gamin avec sa chèvre.

Le son de larmes l’a fortement troublé, chèvre serrée par l’enfant de toute sa force par le cou dans ses bras qui semblaient faits pour elle, de toutes ses forces et de toute sa tendresse aussi.

De son esprit d’interprétation, du son de ces larmes déchirantes d’un gosse qui semble avoir perdu sa mère qui serait là, inanimée, dans ses bras, il devinait que cette chèvre qui se laissait faire, non inquiète, un peu surprise et passive, dans son silence couvert par ces pleurs si clairs et réels qu’on en était pétrifié à n’en pouvoir éteindre ce clip, cette chèvre était visiblement destinée à être abattue pour la viande.

« Mais bordel ! Ils ne pouvaient pas arrêter cette vidéo et rassurer l’enfant, lui promettre qu'elle mourrait de sa belle mort, c’est-à-dire de vieillesse ! Peuvent pas lui dire que pour quelques os décharnés, on lui laisserait sa chèvre, qu’il joue avec elle, qu’elle lui grimpe à nouveau sur le dos, qu’ils partagent longtemps amour et tendresse innocents ? Merde ! Pour quelques bouts de viande, peuvent pas manger plus de couscous-carottes et pois chiches sans cette pauvre bête dont le cœur est celui de l’enfant ? »

Il était trois heures du matin quand Pierrot prononçait ces mots pendant que je lisais un livre passionnant, mais le voyant défait, qui prenait alors le médicament qui, il le savait, l’abrutirait mais lui ferait tourner cette page de sa mémoire, mémoire de pleurs trop douloureux, lui très empathique, je « décrochais » de mon livre pour lui changer les idées. Quatre heures, nous nous couchions, lui dans le lit que je ne fréquentais plus et moi dans le canapé, comme à mon habitude, devant ma télé, en sourdine.

Le lendemain, il me préparait mon café pendant que je dormais, me réveillait sans trop parler de la mésaventure de la veille et nous déjeunions, un peu dans « le cirage » d’avoir veillé tard. Une fois « émergé », comme il disait, il reprit la route pour aller continuer l’archivage des jouets et curiosités que son père avait stockés dans des cartons, dans son grenier.

 

Il avait sept mille jouets dans des greniers (trois mille au musée même) qu’il avait entrepris de photographier et de numéroter. Parfois, chez lui, seulement pour cette tâche, m’avait-il confié, lui qui ne buvait normalement jamais d’alcool, se dopait, le soir, pour démarrer, se faisait un mélange café whisky qu’il appelait son « irish coffee ».

Dès que ce travail de prise de vues de photographie sur fond uni a été achevé, avant d’aller rejoindre Christiane et de s’installer avec elle dans son rez-de-chaussée d’HLM, il a tout de suite interrompu cet irish coffee.

Parfois, il emportait son ordinateur chez moi au Mans, ou chez Christiane, où ils résident maintenant tous les deux : il retouchait les contrastes et couleurs de ses images tout en échangeant avec nous. Le résultat est visible sur un site, lui, peu visité, mais aussi fait pour être une considérable archive à la disposition de tous[1].

 

Lot de cinq pistolets dont quatre en boîte.

Lot de deux jouets chinois. Neufs en boîte.

Lot de deux livres sur les jouets.

Lot de deux motos espagnoles 10 cm. On y joint une coque SFA. Bon état.

Lot de deux pistolets de la marque FAJ en boîte.

Lot de dinette et accessoires dans l'état.

Lot de divers sujets dans l'état.

Lot de divers voitures et soldats.

Lot de hochets celluloïd et rhodoïd et divers.

Lot de jouets divers.

Lot de livres et documentation.

Lot de Meccano et Constructor. On y joint un avion monté en l'état.

Lot de petits ustensiles d'enfant.

Lot de pistolets à flèches et divers. Dans l'état.

Lot de pistolets divers.

Lot de pistolets science-fiction

Lot de quatre planches à ustensiles - jouets de bazar.

Lot de quatre véhicules (trois voitures et un transporteur). Fabrication chinoise.

Lot de quilles peintes 19cm avec sa boule d'origine.

Lot de sifflets appeaux 4 pièces.

Lot de soldats en alu et plomb.

Lot de soldats Starlux et Britens.

Lot de sujets dans l'état.

Lot de sujets divers. Bel état.

Lot de toupies et de yoyos en bois et divers (dont une  émigrette 1792).

Lot de trois flippers d'enfant.

Lot de trois jouets chinois dont deux en boîte.

Lot de trois livres Le guide mondial des poupées, Le livre de poupées, The Teddy Bear Book. Très bel état.

Lot de trois petits fers à repasser.

Lot de va-et-vient. Dans l'état.

Lot de véhicules,  en bois. Dans l'état.

Lot d'instruments de musique et sifflets d'enfant en bois et métal.

Lot d'une dizaine de jouets chinois.

Petit char mécanique et son canon. Bon état.

sifflets.

Trois petits sujets à friction  araignée, scarabée et tortue.

Sport luge et un va-et-vient station.

 

PIERROT: A COLOSSUS WITH CLAY FEET

The sensible and courageous one

 

Pierrot, an emotional colossus with clay feet, took medication which made him less sensible and less imaginative.

 

            Lately I’d seen him watching a short video of a little boy playing with a goat. (Videos and short clips of children and animals were his favorites). He suddenly noticed the child hugging the goat.

 

            The child’s weeping deeply troubled him. He saw how the animal was held tightly in the child’s arms which seemed made for this, the tight embrace full of tenderness.

 

            In his way of seeing things, the heartrending sounds of a child crying like for its mother’s death, meant that this goat, trusting and not afraid, a little surprised and passive, quietly enduring a burst of weeping so clear and real that we were mortified at not being able to turn off the clip -- this animal was obviously destined to be slaughtered for meat.

 

            “Son of a bitch! Can’t they stop filming and tell the boy, promise him it will die a normal death of old age? Can’t they tell him that for a few dry bones they’ll leave the goat, so he can play with it, climb on their back, and share a long, innocent and tender love? Shit! For a few bits of meat, can’t they just eat a bit more couscous with carrots and peas and leave this poor animal whose heart and the child’s are the same?”

 

            It was three o’clock in the morning. As Pierrot pronounced these words I read a passionate book, but seeing him upset like this while taking the medication that, he knew, deadened his mind but turned this page in his memories – memories of too painful tears, awakening his empathy – I broke off from my reading and tried to change his mood. At four we went to sleep – he in the bed I no longer used, me in the sofa bed, as always, in front of the television with the volume turned down.

 

            The next day, he prepared my coffee as I slept and awakened me without speaking much of the previous night’s misadventure. We ate together, slightly blotto from staying up late. Once “emerged”, as he said, he went to continue archiving toys and curiosities his father had stored in boxes in his attic.

 

            He had seven thousand toys in storage (three thousand more in the museum) and was photographing and numbering them. He confided to me once that sometimes, in his home, in order to prepare for this task, he -- who ordinarily never drank alcohol -- took the edge off evenings with a mix of coffee and whiskey he called his “Irish coffee”.

 

            As soon as he would finish this work of photographing the toys against a backdrop, before rejoining Christiane and settling in with her in her ground-floor apartment, he first squeezed in this Irish coffee.

 

    Sometimes he brought his computer to my place at Le Mans, or to Christiane’s, where they now lived together. He would retouch the contrasts and colors of the images as he conversed with us. The result was put on a website2, rarely visited but constituting a substantial archive available to everyone.

 2https://jouetobjetancieninsolitea.jimdo.com/7000-objets-de-colllection

Pierrot: un coloso con pies de barro

Un ser sensible y valiente

 

Pierrot, un coloso emocional con pies de barro, toma medicamentos que lo hacen menos sensible, menos imaginativo también.

 

Recientemente, vi cómo, esperándose ver un pequeño video de un niño de diez años jugando con una cabra, videos y cortometrajes de niños y animales que a él le gustan especialmente, se encontró con el abrazo tan singular de este niño con su cabra.

 

El sonido de las lágrimas le perturbaba mucho, el niño apretaba fuertemente a la cabra por el cuello  en sus brazos, que parecían hechos para ella, con toda su fuerza y toda su ternura también.

 

 

 

 

 

Por su espíritu de interpretación, por el sonido de esas lágrimas desgarradoras de un niño que parece haber perdido a su madre que estaría allí, inanimada, en sus brazos, supuso que ese chivo que se dejó hacer, despreocupado, un poco sorprendido y pasivo, en su silencio, cubierto por esas lágrimas tan claras y reales que estaban petrificadas por no poder apagar este cortometraje, esta cabra estaba obviamente destinada a ser sacrificada y vendida por carne.

 

 

 

"¡Pero ostia! ¡No pudieron detener este video y tranquilizar al niño, prometerle que moriría satisfecho de años, es decir, de la vejez! ¿No pueden decirle que por unos pocos huesos, se quedaría con su cabra, que jugaría con ella, que la subiría de nuevo en sus espaldas, que compartirían amor y ternura inocentes? ¡Mierda! Para algunos trozos de carne, ¿no pueden comer más cuscús, zanahorias y garbanzos sin este pobre animal cuyo corazón es el del niño? "

 

 

 

Eran las tres de la mañana cuando Pierrot pronunció estas palabras mientras yo leía un libro emocionante, pero al verlo derrotado, que estaba tomando la medicina que, lo sabía, lo dejaría estupefacto pero que le haría pasar esta página de su memoria, memoria de lágrimas demasiado dolorosas, muy enfático, "desenganchado" de mi libro para cambiar sus ideas. A las cuatro en punto dormimos, él en la cama que ya no usaba y yo en el sofá, como de costumbre, frente a mi televisor, enmudecido.

 

 

 

Al día siguiente él me preparaba el café mientras yo dormía, me despertaba sin hablar demasiado sobre la desventura del día anterior, y almorzábamos, un poco "sonámbulos" de habernos quedado hasta tarde. Una vez que "emergimos", como dijo, se fue para continuar archivando juguetes y curiosidades que su padre había almacenado en cajas en su ático.

 

 

 

Tenía siete mil juguetes en los graneros (tres mil en el mismo museo) que se había comprometido a fotografiar y numerar. A veces, en casa, solo para esta tarea, me dijo, el que normalmente nunca bebía alcohol, se drogaba a sí mismo por la noche, para empezar, preparaba una mezcla de whisky de café que él llamaba su "café irlandés".

 

 

 

Tan pronto como este trabajo de fotografiar sobre un fondo plano se completó, antes de unirse a Christiane y establecerse con ella en su planta baja de HLM, (alojamiento de alquiler moderado)  inmediatamente interrumpió este café irlandés.

 

 

 

A veces, él llevó su computadora a mi casa en Le Mans, o en la casa de Christiane, donde ambos residen ahora: retocó los contrastes y los colores de sus imágenes mientras intercambiaba con nosotros. El resultado es visible en una página web, que visitó poco, pero también se convirtió en un archivo considerable y disponible para todos(3).

 

 

 

(3)

 

https://jouetobjetancieninsolitea.jimdo.com/7000-objets-de-colllectio