II – b) Je n’ai pas voulu/pu « grandir comme tout le monde »

Pour mon cas, je sais que je n’ai pas voulu/pu « grandir comme tout le monde », c’est malgré moi. Je joue l’adulte mais reste à mes 18-20-30 ans. Je ne sais si les schizophrènes développent des facultés pour compenser, chez moi, il y aurait ressenti, imagination et logique (articulation) ?

Je crois que l’on a tous cet aspect schizo-phrène en nous plus ou moins développé, en ce sens qu’il y a un enfant en nous plus ou moins marqué, marquant, le tout est de trouver l’emploi qui sera pour nous « un jeu d’enfant ».

De mon point de vue, la schizophrénie peut avoir pour point de départ un goût pour les arts, les fictions, le spectacle… et un dégoût pour l’horreur (?). Seulement psychologiquement parlant, « ce talent » s’ancrerait visiblement ou non dans nos comportements de génération en génération, et l’enfant du schizophrène, reconnu ou non, modifierait inconsciemment son cerveau structurelle-ment. Dans ce monde où la logique est privilégiée dès l’école, l’imaginaire ou le ressenti chez le pa-rent est encore plus développé chez l’enfant, ce dernier se choisirait autiste dès tout petit, car il res-sent tout du parent, du monde, de la télé allumée… et du parent à l’école. C’est mon hypothèse, à vérifier.

La question est : « qu’est-ce qu’un enfant (ou un adulte) “choisit” de son caractère ? N’est-ce pas ce qui s’impose à lui ? » Comme on ne choisit pas le caractère de son frère ou de sa sœur pour soi. Le monde horrible qu’on nous décrit aux infos et en étant impuissants à le changer, pour moi, me ferait naître autiste, car grandir au-dessus de tout cela. Je revois mes parents écoutant silencieusement à la radio l’émission gore de Jean Yanne « L’Apocalypse est pour demain » (vers 1976-77) : est-ce bien une émission à faire écouter à la pause à un ado en mal de la présence de sa sœur aînée ? Voir « Samedi est à vous », « The Twilight Zone » (La Quatrième Dimension) pour les enfants ne risque-t-il pas de leur faire perdre pied par rapport au monde sain et équilibrant ? À moi, cela paraît évident, me donnant le goût de me faire peur !

Comme Lennon, nous sommes dans un monde où nous avons les moyens, comme enfant, de guider les adultes, pour leur éviter des mutations dangereuses. Notre santé, notre avenir ne sont qu’une réaction aux méandres de la vie, même virtuels ou télévisuels, littéraires…

Sincèrement, encore aujourd’hui adulte, je vis mieux les bagarres de Trinita (film On m’appelle Trinita) que les angoisses d’un cycle fantastique incluant The Thing (la Chose), Alien (Étranger), qu’à l’époque je prenais pour des chefs-d’œuvre, aujourd’hui de belles conneries commerciales à succès, dont on abuse comme des bonbons acidulés au E330.

 

Voilà une image et une chanson qui nous ont sans doute trop manqué :

 

Les temps ont changé, notre ministre s’inquiète en France d’un accroissement de l’autisme. Je crois que tout est trop complexe.

J’opte pour l’humour.