II – LES PETITS PETONS ET LES TEMPS SUSPENDU

C’est l’histoire au paradis d’un petit bout de femme marrante qui disait, en voyant passer l’heure trop vite :

« Je n’sais comment qu’c’est au paradis, mais ici, c’est Incroyable ! »

😊 Damien

II – a) « Je ne cherche pas je trouve. » P. Picasso

En fait, personnellement, je ne doute pas, c’est juste que quand je ne crée pas, c’est que je n’ai rien d’important à dire. Parfois (Les petits petons et les temps suspendus), j’ai même jugé important de parler un peu du dérisoire et de ce qui paraît futile : un bonheur d’être au printemps… en réaction aux lectures noires, « métalliques » qui se veulent trop sérieuses, voire « graves », car le bonheur existe, on oublie un peu trop d’en parler ou de le décrire, d’apprendre à le voir… Parler du bonheur de deux adultes handicapés, n’est-ce pas une bonne morale pour un bon moral ?

Notre bonheur n’appartient qu’à nous, l’insuccès du livre ne serait alors qu’une preuve que nous nous complaisons dans le drame.

Ce n’est pas difficile à argumenter :

1- Ce post n’a fait que cinquante-sept vues en trois jours (quoi que ce soit déjà une bonne surprise).

« Sociable et indomptable comme le zèbre, la société me prend tel que je suis, je n’ai pas à la mimer, c’est ça aussi le bonheur… »

2- Ce post en avait fait plus de deux cents en trois jours aussi (on comprend facilement comment madame Le Pen fait le beurre des journalistes…

« Comment relancer le crédit ? En augmentant l’inflation et en baissant le pouvoir d’achat des plus démunis, c’est-à-dire de la masse la plus importante. Rassurez-vous, mon nez est grec, et je comprends les chiffres arabes, donc, ne vous lancez pas dans un crédit, c’est pas la Mecque… et les tabacs américains, c’est de l’intox ! Pas étonnant qu’après un Trump, on écope d’un Macron. On est tous des individus, capables d’être cons, ne soyons pas des pigeons… Ne prenez pas vos vacances avec un crédit sur le dos, partez moins loin et achetez les produits locaux. »

3- Celui-ci en est à quatre cent quatorze après un mois :

« Le Mauvais Plan : Fatigué. Je fréquente peu de gens ordinaires, ai accès à une autre culture, celle de ceux qui n’en ont pas. Je pourrais regarder la télé, aller à la bibliothèque, ça resterait la culture de ceux qui n’en ont pas, une culture avec plusieurs temps, peut-être même plusieurs époques de retard. J’avais toujours, plus jeune, un côté avant-garde, des meilleurs, des premiers. Être handicapé est encore autre chose qu’être prolétaire. Prolétaire, il vous reste une chance, même une minime, d’exister, au sens EXISTER, dans le coup, à la page… rire franchement entre gens du même monde : je ne suis pas dans mon monde, je ne suis pas comme un poisson dans l’eau mais comme une tortue terrestre au fond de la mer. Tout me tire vers le bas, le peu de gens qui me hissent, au moindre excès d’une personne de mon monde, je tombe comme une masse dans la tristesse, l’abîme auquel je suis habitué. Comme tous ceux de mon ghetto, j’ai la bague au doigt avec lui… Neimad siobuD »

Ces trois posts, c’était il y a un an environ. Maintenant, c’est le monde ordinaire qui s’est éloigné de moi, et réciproquement.

Mais celui-ci, fait pour son contenu dense, n’a atteint que les quatre-vingt-dix-neuf vues en un mois (faut-il un tapage médiatique comme sur l’autisme ?)