— Bonjour, A, et merci pour les fleurs, au moins, le fait que ça ait plu, ça pousse !

C’est vrai que pour moi, le temps est très relatif (cela me fait penser aux montres molles de S. Dali) : de nature rêveuse, j’ai fait une nuit de presque douze heures au lit, alors qu’une autre peut être dans mes pensées suspendues dans le fauteuil de vingt-deux heures à huit heures du matin. Oui, j’ai ce goût pour la relativité des idées, le lien des concepts, le cycle des choses dans l’histoire, me disant par exemple au volant hier que nos voitures contemporaines d’une centaine d’années n’en ont peut-être plus que pour une cinquantaine d’années, de la même manière que les mythes passent, les technologies sont éphémères… nous passerons pour les Jeux olympiques de 2024 au taxi volant et ceci peut-être pour cent ans.

Mon cerveau est un peu un livre ouvert vierge où s’impriment toujours de nouvelles pages de toutes les couleurs, faute de pouvoir en lire ailleurs et du fait qu’il faut ne s’intéresser qu’aux meilleures des choses.

Je suis un doux rêveur et un rare relativiste.

Tes propres lectures à m’en parler me donnent confiance en moi et m’aident à être moi, cette pluralité.

Parfois, je regrette de ne pouvoir lire et sou-vent, je suis fier de ne pouvoir faire que du contemporain, le mien.

Mille bisous, A, et Merci. »

I – b) Difficile d’être un simple écrivain

Les gens me suggèrent des lectures, les écri-vains leurs livres, je réponds :

« Oui, ça a l’air d’être une femme très bien. J’ai survolé son profil, il est convaincant. 

J’ai failli aller avec ma conjointe pique-niquer, et elle et moi lire en même temps. Ça aurait été une des premières fois et ce camping était fermé pour la voiture. On a mangé devant l’entrée, elle ne pouvant marcher jusqu’aux bancs et tables.

Pour une fois que l’on aurait été tranquilles. Pas facile d’être en paix où je vis et avec qui je vis, même si on fait tous de notre mieux. C’est pour ça que je vis la nuit et la nuit ai besoin de créer, ne sais pas me poser sur un bouquin… : quand ça dure trop longtemps, je vois les lettres se détacher. Sur l’écran, c’est la lumière qui me stresse et je serais obligé de lire court. Trop d’écran et de fa-tigue, j’ai un problème rare, une sorte de sensibilité aux lumens ou sécheresse des yeux (?), je vois dans un profond mal-être l’écran, ça m’obsède, je trouve toujours une nouvelle astuce, mais c’est épuisant, il faut astuce plus médicaments. Mais j’ai ça depuis l’âge de dix-huit ans, ai donc compensé mes lectures avec les films d’art et d’essai : de merveilleux livres… »

Article en cours de création, et pour cause, mon problème de vue avec l’émotion de la confi-dence apparaît…

Mon inspiration, je la tire de tout et n’importe quoi, choisissant en cela le plus noble et créatif.

L’avantage : je suis un auteur neuf de trop de références, mais pas vierge.

Damien 

 

Vingt-cinq ans après la détection du gros sou-ci, je vois mon ophtalmo, qui se réveille parce que ce jour-là, j’ai un physique impressionnant (prise de poids, grande stature et cheveux sales), je fais enfin peur (comme un vrai mâle, les femmes me comprendront…) : l’ophtalmologiste me donne enfin une piste, il me prescrit un bilan OCULO-MOTEUR, je ne savais pas que ce mot existait ! Depuis vingt-cinq ans, j’aurais dû me faire ophtalmo pour me prendre moi-même au sérieux, à rai-son de nombreux professionnels rencontrés, de visites pour mes yeux…

Le rendez-vous est pour fin août, dans trois mois… j’aurai sans doute des exercices à faire, mais comparé au mal-être que me procure une lecture trop longue, je suis prêt et impatient.

Mois de mai (2019) suivant, je revois mon ophtalmologiste qui, quand je lui dis que les séances d’orthoptie n’ont pas été suffisantes et qu’en lisant un livre papier, les lettres se détachent, c’est beaucoup trop gênant, réalise que c’est opé-rable.

Mais ça, je n’en veux pas : une opération au bout de huit ans à lui répéter les problèmes… qui me dit qu’il me prend au sérieux pour MES YEUX ? QUI SUIS-JE à SES YEUX, décidément ?

Prochain rendez-vous dans un an.

 

Merci, Rumi, pour cette confirmation de mes « vues ».