7 -Jouets en tôle, XXème S.


et une mauvaise fréquentation croisée, que l’on supposait un dealer, m’avaient tellement troublé qu’il l’avait ressenti et m’avait proposé de rentrer. Ce jour-là, nous étions partis avec nos compagnes mais sans voiture, et mon épilepsie « montait » en même temps que je peinais à rejoindre la maison.

Pierrot, de sa corpulence de la quarantaine d’années et de son mètre quatre-vingt-six, m’a entouré de ses bras par la taille et m’a soulevé. J’étais tellement surpris de son geste et de sa force que cela a dû enrayer la mauvaise mécanique de mon cerveau et, comme « déconnecté de ma contrariété », « le circuit était rétabli » : reposé au sol, je sentais cette énorme fatigue que lui devait connaître dans et après ses crises un peu pour les mêmes raisons, mais je n’étais plus tremblant du gros souci maintenant passé.

Sa compagne nous a peu après rejoints. Connaissant mes crises qui m’avaient valu notre séparation ─ en effet, elle avait longtemps été ma conjointe et devenait progressivement la sienne ─, car j’ai longtemps refusé de prendre mon traitement régulièrement, elle était revenue rapidement avec le bon médicament et je m’en suis retrouvé complètement soulagé.

 

Oui, pardon, j’ai oublié de me présenter, je décris Pierrot comme si c’était moi, mais je vous dirai peut-être plus loin pourquoi tant de détails sur lui. Disons juste que ma vie n’était pas passionnante avant lui et que je vivais à travers lui et ses confidences.

Il lui est même arrivé de venir me demander secours, pour une fois de jour et, sentant que sa voix était trop troublée, quand il m’a demandé une de mes Gitane, je la lui ai accordée, comprenant bien que face à un tel dilemme, une telle pression, j’étais impuissant

Deux voitures en tôle, l'une chinoise l'autre japonaise.

Dirigeable en aluminium. Dans l'état.

Jouet scientifique voiture alu incomplète. Dans l'état. On y joint un zépelin.

Le sport luge. Dans sa boîte. Manque les sujets.

 

An unpleasant encounter had just occurred with what I presumed was a drug dealer. Pierrot sensed my unease and proposed to return home. That day, we left with our companions but without a car, and my epilepsy set in as I struggled to regain the house.

 

    Pierrot, with his 40-year old body and six-foot frame, put his arms around my waist and lifted me. His strength took me by surprise and must have resolved my brain’s faulty wiring. For once the circuit was repaired. Lying on the ground, I sensed the enormous fatigue he must have felt during and after his crises. I no longer trembled; the anxiety had passed.

 

    His companion rejoined us shortly after with my medication and I found relief. She was familiar with my crises and my refusal to accept treatment. These had driven her away: she’d stopped being my wife and had slowly become his.

 

   

 

    Oh, excuse me – I forgot to introduce myself. I’ve described Pierrot as I would myself, but later I’ll tell why there’ve been so many details about him. Let’s just say my life had no passion before he arrived and I lived through him and his confidence.

    It happened one day that he came to ask my help. I sensed suffering in his voice when he asked for a Gitane. I gave it and understood that faced with such a dilemma, such pressure, I was powerless.

 

Pierrot, ese día, por primera vez en su vida, tuvo que ponerle la mano encima a alguien, y ese alguien era su padre, también una fuerza de la naturaleza. Este hombre lo hizo trabajar siete días a la semana en la visita guiada del museo y en los espectáculos de animación de treinta minutos, bloqueándolo todo el verano y dándole sólo algunas sustituciones para las visitas guiadas.

 

A mediados de septiembre, todavía no tenía permiso, pero estaba obligado a recibir los autobuses de turistas en este pequeño museo hecho para una docena de personas.